
Le 15 juillet 2005, par Louis LEVY,
PARIS, 13 juillet (APM Santé) - Près des trois quarts des personnes âgées accueillies dans des établissements accueillant des personnes âgées (Ehpad)souffrent de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies apparentées.
Rapport de l’office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (Opeps) [1] , rendu public mardi. Ce rapport de 260 pages a été rédigé par la députée Cécile Gallez (UMP, Nord), qui s’est appuyée sur une étude du Pr Jean-François Dartigues (Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement, université de Bordeaux II).
Plus de 70% des personnes éligibles à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) souffrent de démence, indique le rapport.
Bien que les maisons de retraite représentent les premiers établissements d’accueil des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en termes de capacités, elles n’utilisent pas totalement les places dédiées et disponibles pour ces malades.
Mais le processus de conventionnement tripartite, en médicalisant les établissements accueillant des personnes âgées, augmente le nombre de personnes lourdement dépendantes pouvant être pris en charge, dont les malades d’Alzheimer représentent plus de 80%, note l’Opeps. De plus, la signature de conventions tripartites doit permettre d’augmenter le nombre de places disponibles pour les résidents souffrant de démences.
Le taux d’accueil en foyer-logement est plus faible, mais cela s’explique par le fait que ces structures ne sont pas dédiées à l’accueil de personnes lourdement dépendantes.
L’Opeps estime également nécessaire de renforcer le secteur des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) en direction des personnes âgées dépendantes en général. Il existe actuellement plus de 80.000 places de SSIAD, soit un taux d’équipement de 18,25 places pour 1.000 personnes âgées de 75 ans ou plus et près de 5.500 places supplémentaires doivent être installées en 2005.
Concernant les structures de répit destinées à soulager les aidants familiaux, l’Opeps dénombre 263 accueils de jour soit 1.096 places, une moyenne de 4,85 places pour 1.000 personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Il existe 8.590 lits d’hébergement temporaire, soit près de 12 lits pour 1.000 malades.
L’Opeps affirme que le manque de places en accueil de jour et en hébergement temporaire s’explique parfois par un manque de promoteurs pour répondre aux appels d’offre, alors même que les directions régionales des affaires sanitaires et sociales (DRASS) disposent de crédits.
Par ailleurs, la Direction générale de l’action sociale (DGAS) dénombrait 504 centres locaux d’information et de coordination gérontologique (Clic) à la fin novembre 2004, soit en moyenne 5,48 par département et 0,13 Clics pour 1.000 personnes âgées de 75 ans et plus. Mais la répartition géographique de ces centres d’information est très inégale, indique le rapport.
Il existe 104 réseaux gérontologiques, chacun intervenant en moyenne auprès de 64.000 personnes âgées de 75 ans et plus en moyenne. La plupart de ces réseaux ne sont pas spécialisés, à l’exception du moins du réseau mémoire dans la région Nord-Pas-de-Calais, dédié à la prise en charge des malades d’Alzheimer, indique l’Opeps.
Quant à l’offre de soins, elle se montre également insuffisante, avec 232 consultations mémoire recensées en 2003 et 20 centres mémoire de ressources et de recherches (CMRR).
Par ailleurs, il existe 237 structures d’aide aux aidants -c’est-à -dire aux familles des malades- soit 0,06 pour 1.000 personnes âgées de plus de 75 ans.
Le constat n’est pas plus optimiste en ce qui concerne la prise en charge par la médecine de ville, dans la mesure où l’insuffisance de l’offre de soins se manifeste à la fois pour les médecins généralistes et les spécialistes, neurologues ou neuropsychiatres.
Là encore, l’Opeps constate une grande disparité entre les régions, et note que l’absence de spécialistes ne se compense pas forcément par la présence de médecins généralistes.
"Compte tenu des évolutions opposées de la démographie médicale et celle de la maladie d’Alzheimer", le nombre de malades allant en s’accentuant, "l’insuffisance de l’offre va perdurer", souligne l’Opeps, qui recommande donc de s’axer vers des actions de coordination entre les acteurs et de renforcer le rôle des infirmiers.
[1] Rapport sur la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées, OPEPS, 260 p., disponible sur le site de l’assemblée nationale