
Le 25 mars 2009, par Louis LEVY,
Droz JP. .Rev Prat ;2009, 3:325-327.
Pr JP Droz
L´oncogériatrie n´existait pas dans les années 1990, on peut aujourd´hui affirmer le contraire, et cela est particulièrement vrai en France.
Le concept est né grâce à quelques précurseurs, dont Lodovico Balducci à l´université de Tampa en Floride (États-Unis) et Silvio Monfardini, actuellement à Padoue en Italie. Une première prise de conscience internationale de la question est apparue lors de symposiums organisés à Tampa, puis au moment de la création de la Société internationale d´oncologie gériatrique (SIOG) en l´an 2000 au cours de son premier congrès à New-York, sous l´impulsion de Matti Aapro.
En France, l´impulsion est venue de la décision du président de la République, Jacques Chirac, de mettre en chantier deux projets : le plan Cancer d´une part, et la politique de prise en charge des personnes âgées d´autre part. L´Institut national du cancer a été créé, l´oncogériatrie a été l´un de ses objectifs. Rapidement, l´organisation des unités pilotes d´oncogériatrie (UPCOG) a été réalisée. Sur le plan international, des expériences diverses ont vu le jour, qui ont fait progresser les concepts et, plus important, les réalisations.
Droz JP. Mécanismes de décision en oncogériatrie .Rev Prat ;2009, 3:339-344.
Pr JP Droz
Le dépistage à un âge avancé est différemment envisagé selon les sociétés scientifiques internationales. Le moment préconisé pour interrompre le dépistage des cancers colorectaux, du sein, du col utérin est variable. Par ailleurs, les sociétés savantes urologiques recommandent en général un diagnostic individuel précoce du cancer de la prostate jusqu´à l´âge de 75 ans.
Selon les recommandations européennes, les limites d´âge des dépistages sont précises : 60 ans pour le col utérin, 69 ans pour le sein, 74 ans pour le colorectal. Selon l´American Cancer Society, il n´y a pas de limite dictée par l´âge, mais une interruption des pratiques en fonction de la sévérité des comorbidités, de l´état de santé, et/ou de l´espérance de vie.
Cependant, l´évaluation de ces derniers critères reste actuellement difficile à codifier à l´échelon individuel. Le bénéfice en termes de survie, face aux risques des techniques de dépistage, est abondamment discuté dans les publications : il paraît clair qu´il y a un bénéfice à rechercher et à traiter précocement un cancer chez les patients de plus de 70 ans dont l´état général est peu altéré le bénéfice, en termes de confort de vie, à traiter, selon des schémas adaptés, les patients âgés dont l´état général est altéré n´est pas étudié.
L´hétérogénéité de l´état de santé du patient (c´est-à-dire une estimation de la probabilité de survie à un temps donné) est mise en parallèle avec l´hétérogénéité du pronostic des cancers (c´est-à-dire une estimation de la probabilité de survie ou d´expression clinique symptomatique à un temps donné). Le choix de faire un diagnostic précoce est donc toujours individuel.
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