
Le 5 novembre 2008, par Louis LEVY,
Plusieurs travaux semblent montrer qu’être l’aidant d’un conjoint souffrant d’une maladie d’Alzheimer (MA) est associé à un risque de pathologie cardiovasculaire, notamment pour les maris aidants. 81 aidants et 41 témoins (âge moyen 70,2 ans) ont bénéficié d’une polysomnographie à domicile, d’une évaluation du stress par la Role Overload scale et d’un prélèvement sanguin dosant les D-dimères et l’interleukine-6. La sévérité de la MA était évaluée par la CDR.
Les maris aidants de femmes atteintes de MA modérée à sévère avaient davantage de périodes d’éveil après l’endormissement que les femmes aidantes (p = 0,11), dont le temps d’éveil était identique à l’aidant d’un conjoint atteint d’une MA légère et aux témoins. Les taux de D-dimères étaient plus élevés chez les maris aidants de femmes souffrant de MA sévère que chez les femmes aidantes de maris atteints de démence de même sévérité (p = 0,34). Les analyses de régression multiple ont montré que le score de la CDR (p = 0,47) ainsi qu’un plus grand temps d’éveil après l’endormissement (p = 0,46) étaient des facteurs prédictifs de taux de D-dimères élevés . Les maris aidants de femmes souffrant de forme sévère de démence ont donc davantage de troubles du sommeil et de la coagulation, ces troubles étant associés. Les hommes ont ainsi plus de risque de développer des pathologies, notamment cardio-vasculaires, et une prise en charge particulière doit leur être proposée.