
Le 31 juillet 2008, par Louis LEVY,
Deux molécules testées lors d’essais de phase II semblent apporter un bénéfice significatif aux patients atteints de formes précoces de la maladie d’Alzheimer. L’une cible les agrégats de protéines bêta-amyloïdes, l’autre les amas de protéines Tau.
LES RÉSULTATS d’un essai clinique conduit à petite échelle sont convaincants : le PBT2 améliore la fonction cérébrale des patients encore au stade précoce de la maladie d’Alzheimer. De plus, la molécule entraîne une réduction significative de la quantité de protéines bêta-amyloïdes qui circulent dans leur liquide céphalo-rachidien.
Le PBT2 est une molécule qui empêche la protéine bêta-amyloïde d’interagir avec le cuivre et le zinc. Or, pour s’agréger et s’accumuler dans les neurones, la protéine a besoin de ces ions métalliques. La formation d’agrégats protéiques toxiques étant potentiellement à l’origine de la neurodégénérescence associée à la maladie d’Alzheimer, toute substance s’opposant à la précipitation de la bêta amyloïde est susceptible d’avoir un effet thérapeutique.
L’essai PBT2 a inclus 78 patients âgés de 55 ou plus et souffrant d’une forme encore peu évoluée de la maladie d’Alzheimer. Les malades ont été répartis en double aveugle en trois groupes : un groupe témoin qui a reçu un placebo et deux groupes tests qui ont reçu 50 ou 250 mg de PBT2 pendant 12 semaines.
Chaque participant a passé une batterie de tests biologiques et cognitifs avant le début de l’étude, puis à l’issue des trois mois de traitements.
Une amélioration de certaines performances cognitives des patients qui avait reçu la plus forte dose de médicaments a été constatée : le traitement améliore significativement leurs scores aux tests visant à évaluer les fonctions exécutives (des processus cognitifs permettant un comportement flexible et adapté au contexte). Cette amélioration est associée à une réduction de près de 13% du niveau de bêta amyloïde mesuré dans le liquide céphalo-rachidien.
La molécule n’a pas amélioré la mémoire des patients. Mais, comme le soulignent les auteurs de l’étude, les troubles mnésiques sont encore modérés au stade précoce de la maladie. Dans ces conditions, l’éventuel effet bénéfique du PBT2 sur la mémoire pourrait être resté indécelable.
Un nouvel essai, conduit à plus grande échelle, devra être mené afin de confirmer ces résultats. Des résultats qui semblent d’autant plus encourageants que le traitement n’entraîne visiblement aucun effet secondaire problématique.
Parallèlement à la publication des résultats de l’essai PBT2*, une équipe britannique vient d’annoncer** le succès d’une autre étude visant à évaluer l’efficacité d’une molécule anti-Alzheimer. Ce candidat médicament, baptisé « Rember  », cible, quant à lui, les amas de protéine Tau. Là encore, les résultats sont encourageants : la molécule réduirait de 81% le déclin des capacités mentales des patients à un stade précoce ou modéré de la maladie.
> ELODIE BIET (Quotimed)
Voir aussi l’article du Figaro