
Le 27 juillet 2007, par Louis LEVY,
La prévention primaire de la maladie d’Alzheimer (MA) reste une priorité. Des études épidémiologiques avaient suggéré que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pouvaient diminuer ce risque. Une méta-analyse récente a conclu que leur utilisation diminuait de 26 % le risque de MA. Mais les études contrôlées randomisées n’ont pas permis de démontrer cet effet préventif.
Une récente étude épidémiologique publiée dans Neurology apporte de nouveaux éléments au débat. Ce travail a été conduit chez 3 383 sujets âgés de plus de 65 ans vivant à Cache County (Utah, Etats-Unis). A l’inclusion, les sujets ont été interrogés sur leur consommation de médicaments et ont bénéficié d’une évaluation cognitive avec le 3MS (test dérivé du Mini-Mental test) et d’un génotypage de l’apoliprotéine. Les sujets normaux à l’entrée dans cette étude ont été réévalués à 3 et 8 ans.
L’effet protecteur des AINS s’est avéré dépendre du génotype de l’apoE mais aussi de la période d’utilisation des AINS. Ainsi, les patients apoE4 sont les plus à risque d’évoluer vers une MA. Cependant, les sujets ayant ce facteur de risque avaient un risque plus faible lorsque les AINS avaient été débutés avant 65 ans.
Ces données sont intéressantes, mais, bien-entendu, insuffisantes pour recommander l’utilisation des AINS. De nouvelles études contrôlées et randomisées sont nécessaires.
Dr Christian Geny
Hayden KM et coll. : Does NSAID use modify cognitive trajectories in the elderly ? The Cache County Study. Neurology