
Le 18 juillet 2006, par Louis LEVY,
L’accumulation de peptide amyloïde dans le cerveau est avec l’agrégation de la protéine tau, un des processus pathogéniques essentiels de la maladie d’Alzheimer (MA).
Le diagnostic de la MA repose essentiellement sur des données cliniques. Toutefois, dans un certain nombre de cas, le diagnostic reste difficile et un marqueur biologique pourrait être utile.
Il est certes possible, chez un patient présentant une plainte mnésique isolée, de prévoir l’évolution vers la MA en mesurant les taux dans le liquide céphalorachidien de la protéine tau et du peptide amyloïde A ?. Cependant, la ponction lombaire reste un geste invasif limitant son utilisation à grande échelle et peut être difficilement répétée chez un même patient. Plusieurs équipes sont ainsi à la recherche d’un marqueur sanguin.
Une étude hollandaise récente publiée dans Lancet Neurology disponible on line montre qu’il existe une corrélation entre le risque d’évolution vers une MA et les taux plasmatiques du peptide A ?. Ce peptide existe sous 2 formes, la forme comportant 42 acides aminés (A ?1-42) qui s’agrége en premier dans le cerveau des patients et la forme comportant 40 acides aminé (A ?1-40).
A noter que les concentrations plasmatiques de ces protéines augmentent avec l’âge chez les patients ayant une MA précoce porteurs d’une mutation et chez ceux ayant un syndrome de Down. Des résultats contradictoires ont été retrouvés avec ces marqueurs suggérant que les relations entre le taux sanguin A ? et le risque de MA variait selon le délai entre le prélévement et le début de la maladie.
Cette étude néerlandaise avait pour ambition de vérifier ces différents résultats sur un large effectif. 1 756 sujets (sur les 7 983 inclus dans la cohorte prospective de Rotterdam) ont eu un dosage sérique de ces deux marqueurs. Au cours du suivi, 289 personnes ont présenté une MA. Les patients avec le taux le plus élevé d’A ?1-40 avaient le risque plus élevé de MA, et plus particulièrement, dans ce sous-groupe, ceux ayant un taux d’A ?1-42 bas (multiplication du risque par 10).
Ces données restent délicates à interpréter d’autant plus que la protéine A ? mesurée dans le plasma peut avoir d’autres origines que le système nerveux central et que le taux d’ A ? diminue dans le LCR des patients ayant une MA. Les auteurs sont donc prudents dans leurs conclusions. Ils ne proposent pas d’utiliser ce marqueur actuellement en routine diagnostique et suggèrent de pratiquer d’autres études afin de comprendre la signification de ces taux sanguins.